Depuis mi-janvier, les choses s'accelerent. Le calendrier se remplit peu à peu. Les séances de musculation à 6h30 du matin s'enchainent. Le nombre de kilomètres parcourus sur le gave
par mois est depuis un moment bien au dessus des 3 chiffres.
Cette envie, l'abnégation, la passion qui m'anime pour l'eaux vives est inaltérable. Tout nouveau vainqueur de la coupe du monde de kayak extrême 2011, je souhaite 2012 de la même couleur...
Enfin pas tout à fait. Si on pouvait secher les passages au billard et les séjours à l'hôpital ce serait encore meilleur !
Pour 2012, tenter une nouvelle fois le podium de la coupe du monde me semble impossible. Gros manque d'argent, gros manque de temps. Mes demarchent semblent bien moins rentable que mes coups de
pagaie dans l'eau. Même si j'ai reçu la médaille de la ville par Madame le Député Maire de Pau, rien n'évolue vraiment.
Franck Peyrical est derrière moi tout les jours. Mon équipier de C2 descente que je ne vois pas, à qui je cache une bonne partie du paysage est survolté à chaque mise à l'eau. Le partage est
fort, j'espère qu'en juin prochain nous vivrons un grand moment à La Plagne. Des sélections en avril sont à franchir.
En février, j'ai été l'invité de radio inside à Pau.
Un bon moment avec Xavi et Xavier.
Le 20 mars, je serais membre du jury du festival du film de montagne à Pau. Jules Domines y présentera "Moments" sont film d'une saison de kayakiste globe trotteur,de bien belles images !
Histoire de revenir un peu sur cette boucle bouclée au Mexique, voici ci-dessous des vidéos de la compétition que vous pouvez visionner sur mon site web ! sisi...
Comme d'habitude, le
plus dur dans le marathon de l'Ardèche : c'est le départ !
Pas une goutte d'eau ne s'est transformée en écume durant les premières minutes. Règle numéro un, ne jamais freiner sous peine de finir baigneur façon mauvaise boule de bowling.
Bien placé sur la grille, Franck et moi-même engagés en canoë biplace avons pris un très bon départ. Sauf que surpris, Franck n'avait pas fermé sa jupe !
Du coup le rafiot a pris un peu d'eau mais vite fermé tout s'est bien passé.
Vite en tête de notre catégorie, la baston pouvait enfin commencer une fois le Pont d'Arc franchi. Vite rejoint par les Strasbourgeois Heitz/Peltriaux puis un peu plus tard par les nouveaux
séniors Pazat/Ruiz, le leadership change tour à tour pendant plus de 50 minutes. Les nerfs s'échauffent à mesure que les muscles surchauffent. Il fallut attendre le bon virage et la bonne vague
d'un K2 attardé pour passer définitevement devant.
Ne plus jamais se retourner, pomper dès que possible sur la poche à eau pour enfin voir l'ultime ligne droite de Saint Martin d'Ardèche. J'ai jamais été aussi content de la voir celle-la ! Franck
est rouge vif. Mon bras gauche ne se déplie plus sous l'effet des crampes. Du coup, la meilleure méthode pour avancer dans ces moments là, c'est celle des rameurs de pirogue. Nous changeons donc
de bordé tous les 14 coups de pagaie et ainsi entretenir la vitesse du C2 et ménager les muscles. Sauf un, le fessier ! Il ne bouge plus depuis près de deux heures et réclame un peu de
mouvement...
Heureux d'avoir franchi l'arrivée en tête, nous nous hâtons de débarquer. Les jambes figées, Franck me rattrape au vol alors que je tombais façon tronc d'arbre direct dans le limon...
Une belle victoire après 3 semaines passées aux USA en kayak de rivière. Serais-je polyvalent ? oui.
Trois courses sur la
Green Race, ça fait dèjà mal dormir la veille. J'ai passé une grande partie de la nuit à me remémorer les passages et les traces que j'allais prendre le lendemain surtout en open canoë où je n'ai
réalisé aucune descente dans l'embarcation.
La pression est montée d'un cran lors de l'ultime meeting de tous les participants de la Green Race. Tout le monde surpris de voir le "Frenchie" avec un open canoë en plus de son bateau long et
bateau court ... Heureusement, le chemin pour accéder à l'embarquement ne fait que descendre donc mon kayak long sur l'épaule, mon kayak court et mon canoë je n'ai mis qu'une heure pour rejoindre
le départ.
Dossard 11, mon Stinger vert pomme sous les fesses, j'attends la fin du décompte pour partir au plus vite dans "Frankenstein". Comportant de nombreux changements de rythme, il était stratégique
de ne pas partir trop vite au risque de sortir de la route sur le second rapide qui donne des sueurs froides à tout le monde tant les glissades sur les rochers sont précises et impitoyables.
Une fois franchi la vrai course commencait.
"Pin cushion" est là pour vous bousiller les bras à freiner et s'enfiler dans une passe que vous devez engager à l'aveugle. La suite en un enchaînement de petits seuils et de rochers à fleur
d'eau à ne surtout pas toucher sous peine de rester bloqué.
La Green race se gagne avant "Go left and die" et se perd après. C'est la réalité. "Go left and die" étant à mi-course il fallait allumer judicieusement avant car les choses très sérieuses
commencent. Je passe comme une lettre à la poste, rien de mieux pour enchainer la suite.
La rivière penche de plus en plus fort, il faut esquiver et parader du tac au tac afin d'arriver les muscles brûlants, le coeur bourrinant au gilet et saisir sa chance dans "the nauch". Je
franchis tout à merveille pour enfin tourner à 90 degrés et m'expliquer avec "Gorilla" juge de paix de la Green race.
Tu n'es jamais sûr. Ultime coup de pagaie puis c'est les yeux fermés que tu dois franchir l'ultime rouleau qui barre la sortie du "Gorilla".
Les cloches sonnent à tue-tête. Les milles personnes aglutinées en bord de rivière crient et sifflent. Il est impossible d'entendre le grondement de la rivière. Je passe à quelques mètres de
copains postés en sécurité qui tentent de faire entendre leur encouragement. A ce moment de la course, tu ne pagaies plus car l'eau va trop vite. Asphixié, ma trace se dérobe dans "Scream
machine". Accroché par un rouleau presque aussi haut que moi, je recule pour tenter d'en sortir. Ce sera mimimum 10 secondes de perdu mais la course n'est pas encore finie. "Power slide", "Rapid
Transit" s'enchainent sur des mouvements de buste façon shuss en ski puis je vais m'échouer plein gaz sur le granit au pied du chronomètreur et stopper l'horloge. Ma montre affiche 4 minutes 36.
Un temps que je savais correct.
Sans mon erreur à "Scream machine" j'aurais fait un temps canon !
C'est donc un peu déçu mais plein de motivation que je remonte au départ pour la course en bateau court.
Liquidlogic me prête un prototype du Remix 79. Le kayak était 3 à 4 kg plus léger qu'un bateau du commerce ! Du coup, je passe d'un kayak de 3m60 et 26 kg à 2m70 et à peine 17 kg. Un vrai karting
! Je savais que ma puissance pouvait faire la différence. Il me fallait juste faire ce que savais faire pour cette fois-ci : remporter la course. J'ai exactement suivi le tempo de la rivière.
J'ai composé avec le moindre changement de relief. J'ai franchi "Go left and die" encore plus vite qu'en kayak long. Je me suis senti voler dans "Gorilla" devant des spèctateurs surchauffés. Je
dépose chaque toboggan avec la plus grande concentration. La course parfaite. J'ai donné et réalisé mon meilleur parcours. J'ai réalisé du 100% pure Rico. Ma montre annonce 4'47. Un temps canon
!!!
Juste le temps de ranger mes kayaks et me revoilà parti à l'azimut sanglier pour mon ultime descente en canoë. Sauf que là, je ne suis pas fier du tout. Petit zizi le mec...
Cette course en OC1 est pour ma part la chose la plus dangereuse et la plus effrayante que j'ai jamais eu à faire. Pas fière du tout, j'attends mon top départ. Pour ne rien arranger, je clôture
la compétition. Tout le monde sera là pour voir ma brasse ou une gamelle mémorable made in France.
Dans mon PRELUDE, j'enchaine les changements de bordé pour déposer comme je peux chaque saut, rouleaux et éviter de me remplir d'eau. Sinon je passe d'un canot de 18 kg à plus de 45 kg ! C'est
plus la même chose. Du coup, je m'arrête vider 4 fois avant d'arriver rôti de chez rôti dans le chaudron de la Green river: "Gorilla". Je saute le premier verrou avec succès sauf que je vais
m'échouer vraiment mal engagé pour enfiler "the nauch". Daniel, un copain posté en sécu, me tire de ce mauvais pas et m'aide à rembarquer. Je saute "the nauch" et m'écrase limite pour engager le
saut dans le gorille en marche arrière et plein d'eau !!! Le carnage assuré.
Dans une ultime tentative d'esquimautage, j'arrive à revenir dans un petit contre-courant. Daniel est encore là pour m'aider à vider avant de me jeter entre les pattes du grand singe.
Le vol parfait avec un seul et unique coup de pagaie. 1 seconde de pure miracle. Je percute le rouleau d'arrivée dans ma baignoire dans un ultime combat avec l'écume. Je savais qu'une fois passé,
même plein d'eau, je rejoindrais l'arrivée.
Complètement vidé et rincé par cette course épique, je rejoins le débarquement en canoë, mes kayaks en remorque.
Aujourd'hui, lendemain de Green race, je fais les comptes. Un genou gonflé. Je suis courbaturé comme rarement je l'ai été. Du coup, je n'irai pas naviguer sur le Talluha river. L'adrénaline a
poussé fort. Je suis cuit.
Je finis donc 3ème en kayak long. Je remporte le bateau court et finis second de la course en OC1 car le troisième canot engagé a nagé et perdu son matériel. Eli Helbert s'impose en légende
vivante de la Green river dans son canot L'Edge ESQUIF.
J'ai toujours entendu dire que la course en kayak long était la plus dure mais je crois surtout que ce petit nombre de canoteur à la pagaie simple qui s'engagent dans les "narrows" a été oublié.
Après avoir réalisé cette aventure, je puis vous assurer que c'est la chose la plus dangeureuse et la plus terrifiante que j'ai faite !
Et j'en ai fait des trucs pas raisonnables.
Ces grandes journées sur la Green race et la Russel Fok Race n'auraient jamais été possibles sans l'aide de beaucoup d'entre vous qui via facebook, Adrénagliss, ou ESQUIF m'ont aidé à financer ce
voyage.
Mille fois merci pour votre soutien.
J'attends la proclamation des points du provisoire de la coupe du monde de kayak extrême. Je pense prendre la tête du classement.
Vous voyez, même les navettes sont king
size ici !? Malgré tout, ça n'a pas été simple d'en trouver une.
N'ayant pu faire qu'une seule et unique descente de reconnaissance de la Russel Fork river. Il n'a pas été simple de se faufiller dans ce labyrinthe pendant un peu moins de 7 minutes.
La photo ci-dessus est le premier rapide de la portion de course (nous avions deux fois le niveau d'eau de la photo pour la compétition).
Avec une première moitié de course sans faute, je fini malgré tout par me tromper de passe en confondant deux rapides ! Du coup j'ai dû improviser pour revenir dans les bonne lignes.
Je fini très content à la troisième place à moins de 6 secondes du premier, Isaac Levinson qui devient le nouveau Lord of the Fork en detronant Andrew Holcomb (deuxième).
Maintenant, ce périple américain se focalise sur la légendaire Green race. La course extrême la plus difficile du monde. Pour ajouter encore un peu de piment, on change de forme de kayak.
Tout comme sur la Russel Fork race, la catégorie reine est le long boat. Des kayaks de plus de 3,50 m de long prototypé exclusivement pour ce genre de course. De la formule un de la haute rivière
!
Le plus grand danger étant bien sùr le coincement. Quand par exemple on doit se faufiller dans un rapide où la seule sortie fait 70 cm de large...l'erreur ne pardonne pas.
En bande annonce de cette épreuve hors du commun, un petit montage made in eastern...
Ca y est, me voilà aux Etats-Unis pour 3 semaines. Cette fin de semaine se déroulera la Russel Fork race dans l'Etat du Kentucky et le premier week-end de novembre la légendaire Green race.
Malheureusement, l'eau manque. J'ai pu constater cela en brisant ma pagaie sur la French Broad river...
Du coup, à la moindre goutte de pluie nous scruttons les niveaux d'eau à la recherche d'autre chose que la naviguation en fractionné sur le malgré tout splendide lac de la Green river. D'ailleurs
se serait sympa qu'il deverse celui-là.
Une fine équipe Liquidlogic traine au supermarket. L'octoctone (à droite) est Issac Levinson, il ne paye pas de mine mais sait amplement débrancher le cerveau quand la rivière prend de la pente.
En bleu (au centre) n'est autre que Severin Haberling le globetrotteur suisse. Le mec à gauche qui tente de parler américain avec le langage des signes c'est forcement moi...
Il y a peu, Fafa et moi-même sommes aller papoter kayak au micro de radio inside à Pau. Pour télécharger le podcast de l'émission, cliquez sur la photo.